Présentations des plantes

 

 

  

 

Le nom du genre, qui signifie « petit dragon » et le nom de certaines espèces ( chimaera, gorgona, diabola, lemurella, vampira, simia,...) ont le don d'exciter notre imagination et ont indubitablement inspiré une part de l'intérêt horticultural que le genre suscite depuis plus de 10 ans.

Le genre Dracula a été établi assez récemment, en fait seulement depuis 1978, lorsque Carlyle Luer le sépara du genre Masdevallia dans lequel la plupart des espèces fabuleuses de Draculas ont d'abord été décrites.

Aujourd'hui, on connaît environ 90 espèces de Dracula . Elles sont répandues principalement dans les Andes sud- américaines et dans les montagnes adjacentes d'Amérique centrale. Le plus grand nombre d'espèces sont localisées dans la Cordillère Occidentales de Colombie et en Equateur. Certaines espèces sont répandues sur un large territoire, mais beaucoup sont rares et très localisées.

Les Dracula se rencontrent à de hautes altitudes, habituellement au-dessus de 1650 m et jusqu'à 2700 m dans les forêts de montagne humides et bien ventilées. Ces plantes vivent habituellement de longues périodes humides dans les nuages et dans des températures fraîches à intermédiaires.

Au point de vue végétatif, ils sont caractérisés par de courtes tiges surmontées de feuilles longues et fines avec une côte médiane bien marquée. Les hampes florales ont la particularité d'émerger de la base de la tige de la feuille, s'enfonçant parfois dans le compost pour ressortir sur le côté ou se diriger vers le sol. Les fleurs peuvent être fort grandes, telles D. roezlii par exemple, mais aussi toutes petites. Elles ont des couleurs éclatantes, soulignées par un système pileux qui envahit parfois toute la fleur. Ces couleurs varient du blanc ( D. velutina ssp xanthina, D. amliae ) au noir presque parfait ( D. anthracina, D. roezlii ), en passant par le rouge profond ( D. bella, D. brangeri, D. sodiroi ) et d'autres couleurs mélangées du plus bel effet. La disposition des deux pétales courts, du labelle assez petit à très petit et de la colonne, rassemblés au centre des trois sépales réunis, donnent à la fleur un étrange aspect de face simiesque qui explique les noms étonnants qu'on leur a donnés.

Conditions de culture

La culture des draculas peut se décire comme fraîche à tempérée, ombrée, moite et humide (dans une humidité ambiante proche de 80%). Faire la balance de tous ces facteurs est recommandé pour réussir cette culture. Leurs conditions de cultures sont proches de celles des masdevallia mais les draculas préfèrent des températures légèrement plus élevées en hiver.

Les fleurs qui apparaissent parfois sous la plante imposent à presque tous les dracula une culture en paniers suspendus ou montés sur un support.

Certains auteurs préconisent de cultiver les dracula dans la sphaigne de Nouvelle-Zélande de haute qualité. D'autres conseillent un substrat assez fin se composant d'écorces de pin, de perlite, de charbon de bois et de tourbe ligneuse.

Température : la plupart des dracula atteignent leurs meilleures performances à des températures s'étalant entre 13°c et 24°c, quoique les plantes puissent tolérer des températures légèrement plus élevées ou légèrement plus basses. Elles semblent désirer une température bien fraîche en été mais pas trop froide en hiver.

Humidité : l'humidité idéale sera élevée et relativement constante, se situant entre 70 et 90% avec autant de ventilation ou de circulation d'air que possible pour maintenir une atmosphère fraîche. Brumiser les plantes journellement aidera à garder une humidité élevée et des arrosages minutieux plus ou moins fréquents seront nécessaires.

Arrosages : les plantes ont besoin d'être gardées détrempées, ce qui pourrait faire pourrir les racines. Pour parler clairement, quand on doute de l'opportunité d'un arrosage, il faut juste brumiser. Les plantes bien établies peuvent tolérer des conditions beaucoup plus humides que les plantes plus petites ou récemment rempotées.

La qualité de l'eau est impérative, comme pour la plupart des orchidées : elle doit contenir peu de sels minéraux.

Si l'on prévoit de faire subir aux dracula des périodes de températures plus froides que la normale, il vaut mieux laisser sécher les substrats se dessécher légèrement.

Fertilisation : les dracula ont besoin de peu d'engrais, particulièrement lorsqu'ils sont cultivés dans la sphaigne. De plus, lorsque la plante reçoit trop d'engrais, les pointes des feuilles se dessèchent et la vie de la sphaigne s'en trouve raccourcie.

La lumière : étant donné que leurs habitats se composent essentiellement de forêts, souvent plongées dans le brouillard de surcroît, il est évident que les dracula sont habitués, dans la nature, à une lumière filtrée, indirecte, approchant l'ombre.

Trop de lumière brunit les feuilles ou déshydrate les plantes. Trop peu de lumière affaiblit la plante et réduit la floraison.

Comment être certain de l'adéquation de l'intensité lumineuse ? Par l'observation des feuilles.

Elles doivent être d'un beau vert brillant. Les feuilles jaunâtres indiquent qu'il y a trop de lumière tandis que des feuilles vert foncé indiquent trop peu de lumière.

Rempotage : généralement, le rempotage se fait annuellement, soit tôt au printemps, soit en automne, mais jamais pendant les mois chauds de l'été.

Il faut enlever soigneusement le vieux substrat et les racines mortes. Ensuite, si on a décidé de subdiviser la plante, on la sépare en divisions de 8 à 10 feuilles.

Les pots habituels ne convenant pas à la plupart des dracula à cause de leurs hampes florales poussant sur le côté ou dans le bas des récipients, il sera judicieux de leur fournir des pots ajourés. Malheureusement, ceux-ci sont de plus en plus difficile à trouver. Il sera donc nécessaire de leur confectionner des contenants en fil de clôture plastifié, extra fin, servant habituellement à fabriquer des clapiers, dont les trous ont 1 cm de côté.

On doit permettre aux plantes fraîchement rempotées de sécher de façon significative entre deux arrosages, pour encourager la pousse de nouvelles racines. Dans le même temps, une importante humidité ambiante sera maintenue et sera complétée par des brumisations occasionnelles.

Floraison : quand un dracula bien cultivé ne veut pas fleurir, il faut se rappeler la règle suivante ; la floraison des dracula se produit avec l'augmentation de l'intensité de lumière au printemps et en été. Pour déclencher la floraison d'un dracula plusieurs fois par an, augmentez simplement l'intensité de lumière tout en maintenant les autres facteurs ( température, humidité, ventilation) dans les normes décrites ci-dessus.

Indépendamment de ce qui précède, les cultivateurs ont remarqué que les grandes plantes matures peuvent fleurir continuellement en vagues successives de fleurs.

A. JENICOT