ODONTOGLOSSUM

CEPHALOTUS



Comment cultiver correctement les Odontoglossum?

Odontoglossum est un genre d'orchidées montagnardes poussant en altitude en Amérique Centrale et du Sud.. Les plantes de ce genre adorent les climats frais à froids tout au long de l'année. Odontoglossum présente, à l'amateur que nous sommes, une gamme d'espèces intéressantes dont les floraisons varient assez fortement, mais dont la beauté n'a d'égale que leur diversité. Le genre a servi à produire de nombreux hybrides intergénériques dont la floraison et la tenue sont fort similaires au genre qui fut à la base de leur création. Le genre est aussi fort proche du genre Oncidium que nous aborderons une prochaine fois.

Le nom Odontoglossum est dérivé du grec: "odontes", dent et "glossa", langue. Cette combinaison fait référence aux deux protubérances qui se prolongent en deux longues pointes ou dents aiguës situées à la base du labelle dans la première espèce décrite, Odontoglossum epidendroïdes, au début des années 1800 par von Humboldt.

Odontoglossum est un genre peu cultivé. Ici et là, on trouve bien l'une ou l'autre espèce dans les collections d'amateurs. Plus en vogue sont les multiples hybrides résultant des croisements intergénériques.

Description

Ces plantes américaines croissent dans la Cordillère des Andes, de la Bolivie au Mexique. Elles sont surtout disséminées à des altitudes respectables variant de 1500 à 2000 m, principalement sur le versant de l'Océan Pacifique. Plantes tropicales, elles poussent dans des forêts où règnent, contrairement à la majorité des autres régions tropicales, fraîcheur et humidité. Ces conditions de vie peuvent leur être octroyées assez facilement en hiver, dans la serre froide, mais demandent un effort tout particulier en été, lorsque les conditions climatiques sont particulièrement chaudes et sèches.

Les Odontoglossum sont des plantes présentant des pseudo-bulbes aplatis, parfois arrondis, surmontés d'une, deux ou trois feuilles persistantes. De la base des pseudo-bulbes partent les hampes florales, parfois courtes, parfois fort longues voire ramifiées, dotées de quelques à plusieurs dizaines de fleurs. Ces dernières sont souvent colorées de blanc et / ou jaune, arborant aussi des teintes rouges, brunes ou violettes. Les pétales et sépales sont en général fort bien distincts. Le labelle frangé caractérise le geme. Le caractère épiphyte des Odontoglossum conditionne fortement leur culture.

Le genre Odontoglossum comprend une bonne centaine d'espèces différentes.

Lumière

Les Odontoglossum apprécient une lumière abondante, sans toutefois apporter le plein soleil qui aurait pour conséquence de brûler les feuilles et les pseudo-bulbes. Il ne faut pas oublier que luminosité va de pair avec température. Or ces plantes ne supportent pas de hautes températures. La serre ou l'appui de fenêtre seront protégés du soleil direct. Un ombrage direct (chaulage - serre) ou indirect (rideau à la fenêtre) seront d'un grand secours en cas d'ensoleillement. Au besoin, en été, les plantes seront soit changées d'orientation et placées plus au nord, voire à l'est, soit cultivées à l'extérieur, en situation ombragée. En hiver, par contre, les plantes recevront un maximum de lumière. Un excellent moyen de vérifier le niveau de luminosité est la couleur de la plante: une couleur vert prononcé avec éventuellement une pointe de rouge à la base de la plante est un indicateur de lumière adéquate.

Température

Les Odontoglossum vivent dans les montagnes à des altitudes supérieures à 1500 m. Cela signifie que nous avons là un genre exclusivement de serre froide. Le genre supporte difficilement les températures élevées. A moins bien sûr, d'ombrer, de ventiler, de rafraîchir les plantes. Les températures de culture ne dépasseront pas 24 à 27 °C le jour et se situeront entre 10 et 14 °C la nuit. Cet écart de température représente la variation de température nocturne et diurne dans leur biotope. De très courtes périodes de fortes chaleurs sont acceptables, mais veillez toujours à ce que les plantes soient protégées. Attention toutefois à ne pas tomber dans l'excès contraire: bien qu'habitant en altitude, ces plantes ne supportent pas des températures trop froides: en dessous de 5 à 6°C, elle subissent des dégâts irréversibles.

Arrosage et humidité

Ces paramètres sont liés directement à la température. En effet, les Odontoglossum vivent dans des forêts qui sont en général humides. Toutefois, reproduire ces conditions en culture est une gageure: la majorité des plantes est, en effet, sensible aux attaques des crytpogames (moisissures) vivant sous nos contrées, mais inexistants dans leur biotope d'origine. Cela cause pas mal de problèmes dans leur culture. N'oublions pas non plus que nous avons affaire à des plantes épiphytes, qui sont bien souvent cultivées en pots à cause de leur taille. Les arrosages peuvent être généreux à condition d'utiliser un compost très drainant. Ce dernier peut même sécher légèrement en surface avant l'arrosage suivant. En fonction des conditions de culture, les apports d'eau se feront tous les 3 à 7 jours. Plus fréquemment si les plantes sont sur support.

Un indice certain d'arrosages ou d'humidité trop parcimonieux, est la croissance en accordéon des feuilles au départ des pseudo-bulbes. Ce phénomène doit attirer notre attention, la plante souffrant d'un manque d'eau. Malheureusement, une fois les plis formés, ils resteront jusqu'à ce que la feuille tombe naturellement.

L'humidité ambiante sera élevée: jusqu'à 80 %. Mais accompagnée d'une ventilation permanente pour éviter les vilaines taches brunes des moisissures.

La présence d'une brume humide dans la serre favorise aussi le refroidissement des plantes, tablettes et autres instruments ou infrastructure de la serre. En été, cette pratique est excellente pour un développement harmonieux des plantes. Un bon moyen de refroidir la serre et d'humidifier l'atmosphère est d'arroser le sol à intervalles réguliers. Il n'est pas rare de voir chuter la température de 2 à 3°C dans l'heure qui suit ce traitement, à cause de l'évaporation de l'eau. Un système automatique d'arrosage intermittent du sol permettra alors de garder cette différence de température.

Engrais

Les Odontoglossum marquent en principe un arrêt de croissance après avoir déployé leur tige florale, marquant la fin du cycle végétatif du pseudo-bulbe. Toutefois, les opinions sont partagées quant à la durée de ce repos. Les cycles de croissance étant bien marqués, comme pour toutes les orchidées à pseudo-bulbes, on peut continuer à leur fournir des engrais, tout en variant la nature de ceux-ci au cours des différentes phases végétatives.

En effet, lors du développement végétatif des pseudo-bulbes et des feuilles, appelée aussi croissance verte, un apport d'engrais à forte dominante azotée (N) est conseillée. Par exemple un engrais type NPK 25-10-10 ou 30-15-15 donné fort dilué -un arrosage sur deux - permet à la plante de bien développer ses organes sensibles à la lumière et de se fortifier grâce à l'apport de potasse et de phosphore.

Quand la plante arrive aux deux tiers de sa croissance végétative, l'engrais peut alors s'enrichir en phosphore pour renforcer la floraison.

Un engrais type NPK: 10-30-20 ou 15-30-15 convient à merveille, mais toujours dilué pour ne pas brûler les racines.

Les apports d'engrais seront aussi adaptés selon les conditions atmosphériques: diminuer légèrement quand le temps est couvert, reprendre le dosage initial par période de beau temps. Un enrichissement de l'engrais en oligo-éléments, encore appelés éléments en traces, renforce la vigueur de la plante et intensifie les teintes et coloris des plantes les plus chamarrées.

Substrats et composts

Epiphytes, les Odontoglossum devraient être cultivés sur support. Dans leur milieu naturel, ces plantes s'attachent presque n'importe où, pour autant qu'elles trouvent humidité et éléments nutritifs aux racines. A la fourche d'une branche, sur des souches, ou sur tout support permettant à la plante de s'y accrocher. Mais comme en général les espèces sont assez grandes, peu d'amateurs les cultivent sur support, mais plutôt en pot. On imagine mal Odontoglossum grande accroché à une plaquette, avec ses gros pseudo-bulbes ovoïdes donnant une hampe florale de belle dimension ornée de cinq à six fleurs énormes. Ou O. bictoniense avec ses grandes feuilles oblongues surplombant des pseudo-bulbes allongés et sa tige florale pouvant facilement dépasser le mètre.

Pour ces raisons diverses, nous cultivons nos Odontoglossum principalement en pots. Parfois suspendus, souvent posés sur les tablettes de culture. Le substrat utilisé sera choisi en tenant compte de ce caractère. De plus, les fines racines de la majorité des espèces croissent vite de manière volontaire. Elles colonisent assez rapidement les pots. Le substrat choisi sera fort drainant, assez rétenteur d'eau, mais pouvant aussi bien sécher puis réabsorber de l'eau. Il sera de granulométrie moyenne à fine. Rien n'empêche de mélanger deux composts de granulométrie différente. Un apport de fin charbon de bois limite le pourrissement des racines.

Le compost peut être composé de différents matériaux, tant naturels que synthétiques: sphaigne, écorces, tourbe grossière, polypodes, mousses naturelles ou synthétiques, granulés de vermiculite (roche naturelle tendre et poreuse), de laine de roche, etc. La composition du mélange est le secret de la réussite de chacun.

Le rempotage se fait en début de cycle de croissance, lorsqu'une nouvelle pousse apparaît à la base d'un pseudo bulbe mature. Il peut avoir lieu tous les trois à quatre ans, selon la tenue du compost et la grandeur du pot utilisé. Si la plante pousse de manière volubile en débordant du pot ou que le compost se désagrège rapidement, un rempotage plus précoce sera nécessaire.

Un drainage facilitera l'écoulement de l'eau d'arrosage et empêchera la détérioration trop rapide du compost et des racInes.

Lors du rempotage, nous porterons une attention particulière à séparer la plante en deux, voire trois parties, si celle-ci devient trop importante.

Pour une culture sur support, nous utiliserons un morceau d'écorce bien rugueux. La plante y sera bien accrochée afin d'éviter qu'elle ne ballotte.

Maladies - insectes

Les insectes suceurs et broyeurs sont de redoutables ennemis des Odontoglossum: leur feuillage peu coriace donne libre champ à ces insectes voraces qui seront combattus au moyen d'insecticides traditionnels. Les thrips et cochenilles, tant farineuses qu'à carapaces, sont de redoutables ennemis à combattre. Enfin, je n'ai pas encore connu d'attaques de limaces. A croire que ce genre sécrète une substance que ces abominables gastéropodes n'apprécient guère...

Quelques espèces :

O.andersonianum Colombie

Hybride naturel entre O. crispum et O. gloriosum.

Fleurs étoilées, blanches, maculées de rouge, parfumées

O. bictoniense Guatemala

Pseudo-bulbes ovales, allongés, 2 à 3 longues feuilles.

Tige florale de plus d' 1 m, portant de nombreuses fleurs' de 5 cm de large, labelle rose, pétales et sépales brun foncé.

O. brevifolium Pérou; Equateur

Petite espèce, petits pseudo-bulbes, feuilles de 5 cm de large et max. 10 cm de long. Hampe florale courte, fleurs 5 cm de large aux bords arrondis. Couleurs: brun, jaune, rouge.

O. cervantesii Mexique

Petite espèce: max 15 cm. Hampe florale plus longue mais pendante portant de 3 à 5 fleurs parfumées. Couleurs dominantes: fond blanc, taches roses, rouge brun

O. cirrhosum Equateur

Espèce dont la morphologie est proche de o. crispum

Tiges florales pouvant atteindre le mètre. Fleurs nombreuses et parfumées, de 8 cm de large

Couleurs dominantes: blanc, rouge- brun, jaune

O. citrosnum Mexique

Plante atypique du genre: elle pousse tête vers le bas. Elle se cultive sur support, en vrai épiphyte.

Espèce de 25 cm de long, les fleurs (6 cm) apparaissent sur une tige courte. Leur parfum citronné est à la base de leur nom.

Couleur dominante: jaune.

O.crispum

Plante qui a fait l'objet de nombreux croisements.

Pseudo-bulbes ovoïdes, 2 feuilles de 30 cm, de 8 à 12 fleurs larges de 5 à 8 cm

Couleurs dominantes: blanc, jaune, rouge. Il existe une variété roseum, légèrement rosée.

O.grande Guatemala

Plante fort répandue en collection Pseudo-bulbes assez compacts, trapus, 5 cm, 2 feuilles de 20 cm X 8 cm. Couleurs dominantes: jaune, brun.

O. odoratum Venezuela

Proche de o. gloriosum avec lequel on le confond.

Hampes ramifiées de fleurs, nombreuses, parfumées.

Couleurs dominantes: jaune, rouge- brun.

O. pescatorei syn. nobile - Colombie

Proche de O. crispum. Hampes florales plus longues, ramifiées, portant une multitude de fleurs. Couleur dominante: blanc.

O. pulchellum Guatemala

Petite espèce, touffue, compacte, petits pseudo-bulbes surmontés de 2 feuilles fort minces.

Hampes frêles, non ramifiées, 5 à 10 fleurs, parfumées.

Labelle inversé: dressé vers la colonne.

Couleur dominante: blanc.

O.rossii Mexique

Plante compacte, 10 cm, tige florale de 10 cm; 1 à 5 fleurs de 8 cm.

Il existe différentes variétés: alba, majus, rubescens.

Couleurs dominantes: blanc-rose, jaune.

D'autres espèces viennent compléter ce tableau: (liste non exhaustive).

O. blandum

O. nebulosum

O. oerstedii

O. cordatum

O. gloriosum

O. virginale

O. xanthotes

O. ruckerianum

O. tripudians

O. harryanum

O. halii

O. krameri

O. edwardii

O. coronarium

O. uro-skinneri

Les Odontoglossum ont donné un nombre incalculable d'hybrides, tant au sein même du genre qu'avec d'autres genres. Ainsi O. crispum, pescatorei et harryanum ont servi de parents à nombre de plantes que nous trouvons actuellement dans le commerce. Les genres qui ont servi à fabriquer les hybrides fort colorés sont entre autres Brassia, Osmoglossum, Miltonia, Oncidium, Cochlioda. Un "genre" tout à fait artificiel, qui représente en réalité une des orchidées les plus vendues dans le monde n'est autre qu'un hybride de ces trois derniers genres portant le nom de son géniteur belge: Vuylstekerea. .

Pour conclure, , les taxonomistes ont écartelé le genre Odontoglossum en différents nouveaux genres. Il serait trop long de répartir les différentes espèces dans ces nouveaux genres. Sachez que ces derniers s'appellent: CUITLAUZINIA, LEMBOGLOSSUM, MESOGLOSSUM, OSMOGLOSSUM, OTOGLOSSUM, ROSSIOGLOSSUM. TICOGLOSSUM.