COUP DE COEUR: PHAIUS TANKERVILLIAE (Bank) Blume
K.BROUSMICHE
Faites entrer chez vous un peu de magie orientale, avec cette orchidée aux fleurs chatoyantes et au feuillage exubérant, de culture aisée en appartement.
Si vous n'avez pas peur d'adopter une plante de grande taille, belle, même défleurie, de par son ample feuillage d'allure exotique, essayez le Phaius tankervilliae (anciennement connu également sous le nom de Phaius grandifolius). Cette orchidée terrestre provient d'une vaste zone couvrant l'Inde , la Birmanie, la. Thaïlande, l'Indochine, la Chine, la Malaisie, les îles du Pacifique en passant par l'Australie. En Asie son nom vernaculaire est la "Nonne voilée" car les pétales et sépales de cette fleur parfois odorante forment une vague capuche.
Mais le genre Phaius, créé en 1790 par Loureiro, est plus cosmopolite encore. Phaius vient de "phaios" qui signifie "brun" car le brun est la couleur dominante. Dans la classification botanique des orchidées, il appartient à la sousfamille des Epidendroideae (Lindley), tribu des Arethuseae (Lindley) et sous-tribu des Bletiinae (Bentham), et sa trentaine d'espèces se découvre de l'Afrique Australe aux îles Fidji en passant par Madagascar.
Importé pour la première fois en 1778 en Angleterre par le docteur John Forthergill, il figure parmi les premières orchidées tropicales à avoir fleuri en Europe.
Les pseudobulbes serrés sont courts, épais et verts, ils mesurent environ 8 cm et portent de 3 à 4 longues feuilles plissées de 60 à 90 cm de long.
L'inflorescence part de la base des pseudobulbes et mesure jusqu'à 120 cm de haut. Elle porte à la fin de l'hiver (mars ou avril) de 10 à 20 fleurs souvent odorantes de près de 12 cm de diamètre, qui s'ouvrent successivement à l'intérieur d'une bractée blanche striée de vert plus longue que l'ovaire. Les sépales et les pétales sont relativement étroits, blanc à l' extérieur et brun - pourpre à l'intérieur. Le labelle tubulaire est rose pourpre à l'intérieur et blanc à l'extérieur. La longue durée de floraison de Phaius tankervilliae le désigne naturellement dans ses pays d'origine comme fleur coupée.
Du fait de sa large répartition géographique, la plante se cultive aussi bien en température chaude que tempérée. Elle semble même mieux réussir si elle bénéficie d'une fraîcheur relative en hiver (15°C à 18°C). Certains cultivars prospèrent en serre froide bien que ce ne soit pas la règle générale de culture.
La luminosité doit être abondante sans soleil direct. Chez moi la plante est exposée au sud derrière une fenêtre voilée dans le salon.
Une humidité atmosphérique élevée (pas moins de 70% à 80%) garantit une bonne croissance de cette orchidée. Les arrosages, copieux en saison de croissance, se font plus
parcimonieux en hiver mais le compost ne doit jamais sécher. Après la floraison il faut accorder à la plante un repos de deux semaines dans une température chaude. Phaius tankervilliae est une plante gourmande, un apport d'engrais tout au long de sa croissance ne peut que lui être bénéfique. Si la plante, durant la belle saison, est suffisamment aérée, elle tolère un excès d'arrosage qui lui laisse les pieds dans l'eau. Cette tolérance ne doit pas être la règle sinon votre plante pourrira; elle reste quand même une orchidée!
Le compost classique pour orchidées épiphytes convient au Phaius tankervilliae. Quel qu'il soit, il doit être bien aéré et riche en matière organique.
Comme autres espèces, plus délicates de culture et moins évidentes à trouver, citons Phaius flavus, originaire du sud-est asiatique et portant des fleurs jaunes, Phaius wallisii aux fleurs mélangeant le blanc, l'orangé et le rouge. Phaius tuberculosus est une espèce plus petite, à l'inflorescence de 40 cm, portant des fleurs blanches à labelle pourpre, ondulées, de culture difficile, tout comme Phaius humblotii aux fleurs portées sur une hampe de 50 cm.
Des hybrides ont été créés à l'intérieur du genre Phaius et entre le genre Phaius et le genre Calanthe (Phaiocalanthe). Des hybrides existent également entre Phaius et Cymbidium (Phaiocymbidium). D'autres croisements ont été effectués entre Phaius et Gastorchis, un genre propre à Madagascar (Gastorphaius) et entre Phaius et Spathoglottis, genre essentiellement propre à la Nouvelle-Guinée (Spathophaius). Ces hybrides, populaires au début du XXe siècle, ne semblent plus être en culture de nos jours.
Bibliographie:
- "Beautiful Thai Orchid Species", Haruyuki Kamemoto et Rapee Sagarik, Aksornsampan Press, 1975.
- "Orchidées de culture", Helmut Bechtel, Editions Payot Lausanne, ISBN 2-601-02095-4.
- "Orchds, a golden Guide", Floyds S. Shuttleworth, Herbert S. Zim and Gordon W. Dillon, Golden Press, New-York, 1989.
- "Comment choisir et entretenir vos Orchidées", Gerald Leroy et Jean Parisot, Bordas, 1989, ISBN 2-04-018459-7.
- "Atlas des Orchidées", distribué par L.E.D.E.N. ImpressionsEditions, Globus Edition, Paris, 1975.
- "The Orchds, Natural History and Classification", Robert L.Dressler, 1982, ISBN 0-674-87525-7.